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valuation de la radioactivité réelle et potentielle sur un ancien site industriel du groupe Pechiney : simulation de l’impact radiologique pour les travailleurs et l’environnement en phase de travaux

  • Photo du rédacteur: milarepa Delasag
    milarepa Delasag
  • il y a 2 heures
  • 3 min de lecture

Les anciens sites industriels issus des activités de métallurgie de l’aluminium et d’électrométallurgie du groupe Pechiney constituent aujourd’hui des friches industrielles susceptibles de présenter des niveaux de radioactivité naturelle renforcée (NORM/TENORM), voire des traces de radioactivité artificielle liées à des usages industriels historiques. Cet article propose une analyse scientifique des sources potentielles de radioactivité sur ce type de site et présente une approche de simulation de l’impact radiologique pour les travailleurs et l’environnement dans le cadre d’opérations de réhabilitation ou de travaux. Les résultats mettent en évidence la nécessité d’intégrer systématiquement une évaluation radiologique préalable dans la gestion de ces sites.


1. Contexte industriel et réglementaire

Les sites industriels historiques du groupe Pechiney ont accueilli des activités de transformation de minerais, de production d’aluminium et de procédés électrométallurgiques, générant des résidus solides et des matériaux de construction susceptibles de concentrer des radionucléides naturels. La reconversion ou la réhabilitation de ces sites s’inscrit aujourd’hui dans un cadre réglementaire exigeant, notamment au regard des principes de radioprotection définis par l’IAEA, les directives Euratom et la réglementation française encadrée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Dans ce contexte, la radioactivité présente sur les sites peut être soit réelle et mesurable à l’état initial, soit potentielle, c’est-à-dire mobilisable lors de perturbations physiques des sols et des matériaux en phase de travaux.


2. Sources de radioactivité réelle identifiables

Les campagnes de diagnostic radiologique menées sur des sites industriels comparables mettent classiquement en évidence :

  • la présence de radionucléides appartenant aux chaînes de désintégration de l’uranium-238 et du thorium-232 dans les sols, scories, remblais industriels et matériaux de construction ;

  • la contribution du potassium-40 dans les matrices minérales (bétons, granulats, laitiers) ;

  • des débits de dose gamma ambiants hétérogènes, pouvant localement dépasser les niveaux de bruit de fond naturel ;

  • une exhalation potentielle de radon dans les zones confinées ou insuffisamment ventilées.

Ces éléments constituent une radioactivité dite « réelle », détectable par des mesures in situ et des analyses en laboratoire.


3. Radioactivité potentielle mobilisable lors de travaux

Les phases de travaux (terrassement, démolition, excavation, découpe de structures) peuvent entraîner une remobilisation des radionucléides initialement piégés dans les matrices solides. Les mécanismes identifiés incluent :

  • la remise en suspension de poussières contaminées susceptibles d’être inhalées par les travailleurs ;

  • l’augmentation des flux de radon consécutive à la perturbation des sols et des fondations ;

  • une exposition externe accrue liée à la manipulation et au stockage temporaire de matériaux concentrant des radionucléides naturels.

Cette radioactivité potentielle constitue un facteur de risque spécifique aux phases transitoires de chantier, souvent sous-estimé lors de la planification des travaux.


4. Simulation de l’impact radiologique

Une approche de simulation dosimétrique conservative permet d’évaluer l’impact radiologique pour les travailleurs et l’environnement dans différents scénarios d’intervention. Les hypothèses retenues reposent sur :

  • des durées d’exposition représentatives des activités de chantier ;

  • des concentrations en radionucléides issues des valeurs mesurées ou de plages majorantes observées sur des sites analogues ;

  • des voies d’exposition combinant irradiation externe, inhalation et, dans une moindre mesure, ingestion accidentelle.

Les résultats montrent que, en l’absence de mesures de radioprotection adaptées, la dose efficace annuelle des travailleurs peut dépasser les niveaux de référence applicables au public, avec des pics d’exposition possibles lors d’opérations ponctuelles à forte émission de poussières. Des transferts environnementaux secondaires peuvent également être envisagés, affectant les sols périphériques, les eaux de ruissellement et l’air ambiant.


5. Discussion et recommandations

Les simulations confirment la nécessité d’intégrer la radioprotection dès la phase de conception des projets de réhabilitation. Conformément aux recommandations de l’IAEA, d’Euratom et de l’ASN, les actions suivantes apparaissent essentielles :

  • la réalisation d’un diagnostic radiologique préalable exhaustif ;

  • la définition de scénarios d’exposition réalistes et pénalisants ;

  • la mise en œuvre de mesures de protection collective et individuelle adaptées aux différentes phases de travaux ;

  • le suivi radiologique des travailleurs et de l’environnement.


6. Conclusion

L’analyse combinée de la radioactivité réelle et potentielle sur les anciens sites industriels du groupe Pechiney met en évidence des enjeux radiologiques significatifs en phase de travaux. L’utilisation conjointe de mesures de terrain et de simulations dosimétriques constitue un outil scientifique robuste pour l’aide à la décision, permettant de garantir la protection des travailleurs, la maîtrise de l’impact environnemental et la conformité réglementaire lors de la réhabilitation de ces friches industrielles.

 
 
 

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