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Recherche de radioactivité sur friches industrielles : un enjeu majeur avant les travaux de forage et d’excavation

  • Photo du rédacteur: milarepa Delasag
    milarepa Delasag
  • 23 nov.
  • 3 min de lecture
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La réhabilitation d’anciennes friches industrielles, en particulier dans le cadre de projets d’infrastructures comme l’installation d’un réseau de transport d’électricité (RTE), exige une démarche préalable rigoureuse : la recherche de radioactivité dans les sols, remblais, eaux souterraines et matériaux résiduels.Cette étape constitue un élément essentiel de prévention pour protéger les travailleurs, garantir la conformité réglementaire et éviter la dispersion de matières radioactives dans l’environnement.


1. Pourquoi contrôler la radioactivité des friches industrielles ?

Les anciennes friches peuvent être héritées d’activités :

  • métallurgiques et sidérurgiques,

  • chimiques (procédés utilisant thorium, uranium naturel, radium),

  • verreries et céramiques industrielles,

  • phosphates et engrais,

  • ateliers de traitement de surfaces,

  • industries utilisant des sources radioactives scellées (mesure, contrôle qualité),

  • dépôts sauvages ou remblais historiques.

Ces sites peuvent contenir des radionucléides naturels (NORM) ou technologiquement concentrés (TENORM), voire des sources artificielles issues d’activités passées ou d’incidents de gestion de déchets.

Avant tout forage, carottage ou excavation, il est impératif de caractériser le site afin d’éviter :

  • la mise en contact direct d’un opérateur avec une source radioactive,

  • la remise en suspension de particules contaminées,

  • la contamination des eaux souterraines,

  • la dispersion de matériaux dans la filière travaux publics.


2. Les types de radioactivité et radionucléides que l’on peut retrouver

Radionucléides naturels (NORM / TENORM)

Souvent rencontrés dans les sols, remblais et sous-produits industriels :

  • Uranium 238, Thorium 232,

  • Radium 226 (surtout dans remblais techniques et anciennes industries chimiques),

  • Potassium 40,

  • Radon 222 (gaz radioactif infiltré dans les porosités du sol).

Les activités industrielles passées peuvent avoir concentré artificiellement ces radionucléides, augmentant leur radiotoxicité potentielle.

Radionucléides artificiels

Moins fréquents mais possibles dans d’anciens sites industriels :

  • Césium 137,

  • Strontium 90,

  • Cobalt 60,

  • Résidus issus de sources scellées utilisées dans l’instrumentation industrielle.

La présence de radionucléides artificiels indique souvent :

  • une mauvaise gestion historique des sources,

  • des dépôts non déclarés,

  • des accidents de manipulation,

  • des transferts accidentels dans des remblais.


3. Risques pour les travailleurs lors des travaux de terrassement

Risques d’exposition externe

Irradiation en cas de présence :

  • de sources scellées perdues dans des remblais,

  • de sols contenant des radionucléides gamma-émetteurs.

Risques de contamination interne

Lors de :

  • forage rotatif,

  • excavation mécanique,

  • manipulation de terres sèches.

La remise en suspension de particules peut entraîner :

  • inhalation,

  • ingestion,

  • transfert par contact main-bouche.

Exposition aux gaz radon

Dans les fouilles profondes ou espaces confinés, le radon peut s’accumuler et créer un risque radiotoxicologique aigu.

Risques environnementaux

Sans détection préalable :

  • dispersion de terres contaminées,

  • infiltration dans les nappes phréatiques,

  • transfert de radioactivité dans les réseaux d’eau pluviale.


4. Importance de l’analyse historique et de la recherche de l’origine des radionucléides

La simple mesure d’un débit de dose ou d’une contamination superficielle ne suffit pas. L’ingénierie radiologique exige :

  1. Une étude historique (archives industrielles, anciens propriétaires, activités recensées)

  2. Une analyse géotechnique et radiologique couplée (cartographie gamma, sondages, scintillation, spectrométrie gamma)

  3. L’identification précise des radionucléides présents

  4. La compréhension de leur origine

  5. La sélection de filières de traitement adaptées

Identifier l’origine permet :

  • de prévenir correctement les risques,

  • de déterminer les EPI et EPC adaptés,

  • d’ajuster la méthodologie de forage,

  • d’éviter les surcoûts et retards,

  • d’assurer une gestion réglementaire conforme.


5. Protéger les travailleurs et l’environnement : les mesures essentielles

Mesures organisationnelles

  • Zonage radiologique temporaire

  • Plan de prévention spécifique radioprotection

  • Suivi dosimétrique si nécessaire

  • Procédures de confinement et d’humidification des sols

Mesures techniques

  • Débitmètre gamma, contaminamètre, spectrométrie portable

  • Contrôle continu lors du forage

  • Systèmes de captation des particules

  • Gestion contrôlée des terres excavées

Mesures environnementales

  • Prélèvements sols / eaux

  • Cuves pour lixiviats potentiellement contaminés

  • Filtrations adaptées

  • Traçabilité complète des matériaux déplacés


Conclusion

La recherche de radioactivité sur d’anciennes friches industrielles est un impératif de sûreté lorsque des travaux de forage ou d’excavation doivent être réalisés dans le cadre de projets d’infrastructures stratégiques comme l’installation d’un réseau RTE.Elle garantit la protection des travailleurs, la maîtrise des impacts environnementaux et la conformité réglementaire.L’identification précise des radionucléides et la compréhension de leur origine constituent la base d’une radioprotection efficace et d’une ingénierie environnementale responsable.





 
 
 

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