Lors de l’évaluation des risques liés aux rayonnements ionisants, il est parfois nécessaire d’effectuer des contrôles techniques d’ambiance. Il s’agit de caractériser l’ambiance radiative des locaux de travail par différentes mesures : débits de dose externe, concentration de l’activité dans l’air et contamination des surfaces. Ces contrôles sont complétés par des mesures des doses reçues par le personnel exposé : les résultats sont alors à comparer aux valeurs limites réglementaires.

 

Contrôles d’ambiance et de contamination radioactive des locaux

 

Le contrôle de la radioactivité ambiante s’effectue :

par une surveillance des rayonnements (bêta, X, gamma, neutrons),

par une surveillance de la contamination, par un ou plusieurs radioéléments, des lieux de travail (de l’air ou des surfaces telles que sols, murs, plans de travail).

Pour chaque surveillance, des appareils adaptés aux mesures à effectuer doivent être utilisés.

Appareils pour la surveillance des rayonnements ionisants

Radiamètres capables de mesurer l’ensemble des rayonnements

Appareils spécifiques à un type de rayonnements, pour certains cas particuliers

Balises d’alarme, visuelles ou sonores

Pour effectuer une surveillance de la contamination atmosphérique, une instrumentation très variée est disponible sur le marché. Elle permet selon les cas :

la mesure en continu de la contamination,

la mesure par échantillonnage (suivi d’une analyse de l’échantillon),

la simple détection d’une contamination.

Pour les contaminations de surfaces, il existe des détecteurs adaptés à chaque type de contamination. Ceux-ci doivent être mis à la disposition du personnel, notamment lorsqu’il utilise des sources non scellées.

Quand une contamination des lieux de travail a été mise en évidence, il existe une forte présomption de contamination du personnel. Il est alors indispensable de contrôler et de traiter cette contamination.

 

Contrôle de contamination du personnel

 

À la fin d’un travail, en sortie d’une zone exposant à une contamination, une recherche de la contamination du personnel doit être effectuée systématiquement à l’aide de détecteurs (corps entier, main, pieds). Ces appareils mesurent le(s) rayonnement(s) émis par les substances radioactives déposées sur les vêtements ou le corps.

Si une contamination est mise en évidence, il est également indispensable de vérifier s’il y a eu ou non exposition interne. Et dans tous les cas, des mesures de décontamination doivent être mises en œuvre.

 

Mesure des doses reçues par le personnel exposé

 

La dosimétrie consiste à mesurer les doses reçues par les personnes exposées, c’est-à-dire attribuer une valeur aux grandeurs telles que dose équivalente ou dose efficace. Elle permet de vérifier que les expositions restent, pour chaque travailleur exposé, de l’ordre de grandeur des doses prévisionnelles pour le poste de travail. Si ce n’était pas le cas, il faudrait identifier les expositions non maîtrisées et prendre les mesures nécessaires pour les éviter.

Rappelons que la dosimétrie en temps réel, ou dosimétrie opérationnelle, est devenue obligatoire depuis le 1er janvier 2000 pour tout travailleur intervenant en zone contrôlée.

La mesure de l’exposition externe se fait à l’aide de dosimètres portés par les travailleurs. Plusieurs types sont disponibles. Certains sont des dosimètres passifs : ils sont portés au niveau de la poitrine, puis développés en laboratoire spécialisé. Dans tous les cas, le choix des dosimètres doit être adapté à la nature et à l’énergie des rayonnements présents sur le lieu de travail.

 

Principaux dosimètres utilisés pour la mesure des expositions externes aux rayonnements ionisants

 

Dosimètres radio-photo-luminescents (RPL)

 

Le rayonnement ionisant incident arrache, à la structure d’un verre activé à l’argent et phosphaté, des électrons qui sont ensuite piégés par certains défauts ponctuels. Excités par un rayonnement UV continu, ils se désexcitent en émettant une luminescence orange. L’intensité de luminescence est proportionnelle à la dose.

 

Dosimètres à luminescence stimulée optiquement (OSL)

 

Les radiations sont mesurées grâce à une fine feuille de poudre d’oxyde d’aluminium. Lors de l’analyse, l’oxyde d’aluminium est stimulé par des diodes électroluminescentes LED qui le rendent luminescent. L’intensité de luminescence est proportionnelle à la dose. Cette stimulation optique est non destructive, elle permet de conserver une très grande partie de l’information dans le capteur, dans le but d’une possible réanalyse ultérieure.

 

Dosimètres photographiques poitrine ou poignet

 

Dosimètres thermoluminescents

Appelés aussi TLD, ils utilisent des matériaux (pastilles extrudées, frittés, poudres) qui, soumis à une irradiation puis chauffés, émettent de la lumière, proportionnellement à la dose reçue. Les TLD sont utilisés pour des dosimétries corps entier ou extrémités. Ils sont réutilisables plusieurs centaines de fois. La lecture, pouvant se faire à l’aide d’un lecteur automatique, se fait en chauffant le matériau. L’émission de lumière entraîne la « remise à zéro » du TLD.

 

Dosimètres opérationnels ou actifs à lecture directe

 

Ils permettent le suivi et l’optimisation de l’exposition en temps réel. Ils doivent être choisis en fonction du type de rayonnement à mesurer, et de ses caractéristiques. Ces dosimètres électroniques doivent êtres pourvus d’alarmes auditives et visuelles, et ces alarmes doivent être activées lors de toutes utilisations.

L’exposition interne est en revanche plus difficile à mesurer : on fait appel à plusieurs techniques de mesures. Ces techniques recouvrent des analyses qui permettent d’évaluer la nature et la gravité de l’exposition : dosage d’isotopes dans les urines, lesang ou les sécrétions, anthroporadiamétrie… Leur mise en œuvre permet de détecter et d’identifier un corps radioactif dans l’organisme. Ces analyses doivent être conduites sans délais, dès qu’il y a suspicion d’exposition interne. À partir des résultats, on calcule la dose équivalente engagée reçue par la personne suite à cette incorporation de radioactivité.

 

Quelques précisions sur l’exposition interne à un élément radioactif

 

L’importance de l’exposition interne liée à la présence d’une substance radioactive dans le corps humain va dépendre non seulement de la période physique duradioélément, mais également de sa période biologique. La période biologique est le temps nécessaire pour que la moitié de la masse du radioélément absorbé soit éliminée par le métabolisme. La grandeur qui caractérise l’exposition interne est la dose équivalente engagée.

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