Existe-t-il des spécificités techniques pour réduire la dose tout en maintenant la qualité de l'image en scanographie pédiatrique ?

Oui.
 
Les actions spécifiques incluent (recommandations SFIPP/SFR dans le Guide des procédures radiologiques) :
  • Choisir la tension la moins élevée compatible avec la qualité nécessaire de l’image. En effet, pour une même charge, la dose au patient augmente avec la tension à la puissance 2,5. En pratique, les tensions utilisées en pédiatrie sont comprises entre 80 et 120 kV.  
  • Diminuer la charge délivrée (en diminuant l’intensité mA et/ou en baissant le temps de rotation et/ou en augmentant le pitch) dans les limites compatibles avec les critères de qualités de l’image (rapport Signal/Bruit notamment). La  dose délivrée au patient est en effet directement proportionnelle à la charge. Contrairement à la radiologie classique, une surexposition (excès de mAs) peut passer totalement inaperçue au scanner. Les mAs peuvent être réduits avec le morphotype, sans altération significative de la qualité intrinsèque de l’image. Les enquêtes de pratique ont montré que les paramètres ne sont pas suffisamment adaptés au morphotype des patients.  
  • Limiter le volume exploré (champ de vue, nombre de coupes) à ce qui est nécessaire pour répondre aux questions cliniques justifiant l’examen. 
  • Être vigilant en cas d’utilisation de coupes fines (< 5mm). En effet, plus la collimation est étroite et plus la dose absorbée est élevée. 
  • Augmenter l’intervalle entre les coupes (ou la valeur du pitch en mode hélicoïdal) permet de diminuer la dose moyenne délivrée au volume exploré. L’utilisation d'un pitch élevé permet en outre une réduction du temps d'acquisition et en conséquence une réduction des artéfacts de mouvements. 
  • Ne pas incliner le statif : cela majore l’irradiation et le mode hélicoïdal permet de l’éviter (possibilité de post-reconstructions multiplanaires - MPR). 
  • En scanographie multibarrettes (MDCT), il faut individualiser la collimation à l’acquisition (fonction de la taille et du nombre de détecteurs) et l’épaisseur de coupe de reconstruction. Les paramètres d’acquisition doivent être choisis en fonction de l’épaisseur de reconstruction souhaitée pour obtenir la qualité requise. La collimation est adaptée au système de détection de l’appareil, égale à n x E (n=nombre de détecteurs élémentaires activés ; E=épaisseur du détecteur élémentaire). Le nombre de détecteurs sélectionnés dans l’axe des Z conditionne l'épaisseur de coupe minimale qui pourra être utilisée pour les reconstructions. En pratique, l’épaisseur de coupe nominale doit être inférieure ou égale à 50% de l’épaisseur de reconstruction souhaitée. Par exemple avec un scanner 16 coupes : collimation de 10 mm (soit 16 x 0,625 mm) pour une reconstruction souhaitée en 1,5 mm ou collimation de 20 mm (16 x 1.5 mm) pour une reconstruction souhaitée de 3 mm.

 

Utilisation des options techniques :

  • L’affichage du CTDIvolume (CTDIvol) et du Produit Dose-Longueur (PDL) est obligatoire (norme IEC) et permet un contrôle de l’optimisation des protocoles et une comparaison des pratiques. Il faut néanmoins savoir que ces valeurs, étalonnées sur des fantômes adultes, sous-estiment la dose délivrée aux patients de petits morphotypes, notamment pour l’étude du tronc, la majorité des constructeurs affichant un CTDIvol calculé pour un fantôme de 32 cm.
  • L’utilisation des protocoles pédiatriques fournis par les constructeurs, classés par tranches d’âge ou de poids, permet de mieux adapter les paramètres d’acquisition au morphotype des enfants, mais ils doivent néanmoins être corrigés en fonction des indications.
  • Les systèmes de modulation automatique de l’exposition (ou AEC pour « automatic exposure control ») permettent de réduire les doses délivrées. Les techniques employées, seules ou en association sont : la modulation en fonction du gabarit du patient, la modulation en fonction de l’atténuation selon la position en Z et la modulation en temps réel en fonction de l’atténuation mesurée selon le plan de coupe XY. Ces techniques doivent néanmoins être utilisées en complément d’une optimisation préalable des protocoles. L’emploi d’indices de qualité (index de bruit dans l’image, mAs « de  référence » ou images « de référence » selon les constructeurs) peut être utilisé sur certains scanners de dernière génération pour adapter les paramètres d’acquisition tout en conservant une qualité homogène d’examens.
  • L’utilisation de caches pour protéger les organes critiques est possible. Des caches à base de bismuth ou de plomb sont commercialisés : caches mammaires pour l’exploration thoracique de la jeune fille, caches thyroïdiens. Ils réduisent la dose absorbée de 50% environ mais peuvent produire des artéfacts de surface. Leur utilisation est optimisée par l’interposition de mousses. Leur emploi combiné aux systèmes d’AEC n’est pas recommandé dans l’état actuel des connaissances (risques de surdosage local si les caches sont en place lors de l’acquisition du topogramme).


Recommandations dosimétriques SFIPP / IRSN 2008 en scanographie pédiatrique multicoupes (HT, IDSV, PDL)
 

Recommandations dosimétriques SFIPP / IRSN 2008 en scanographie pédiatrique multicoupes (HT, IDSV, PDL). 

 

 

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